Pas de confinement pour les revendications !
Face aux attaques redoublées par "l'état d'urgence", FO ESR défend plus que jamais les droits individuels et collectifs

Au moment où cet éditorial est écrit, notre pays est en pleine crise sanitaire. Oui, « La santé et la sécurité de toutes et tous avant tout ! », est bien la préoccupation de l’heure des militants et des syndicats FO, comme l’a souligné la commission exécutive confédérale du 30 mars.

Notre ministère, comme le reste du gouvernement, ou les présidents d’université, félicitent et remercient beaucoup, « reconnaissent l’engagement » et ne manquent pas d'autres formules louangeuses adressées aux personnels. Mais avant le confinement des universités n'ont pas pris les mesures qui s'imposaient pour protéger les personnels face à la contamination qui s'était propagée dans leurs murs, puis, dès le 13 mars, les personnels ont été confrontés dans leur établissement à des instructions qui les mettent en danger.

Certes, les établissements ont reçu de nouvelles instructions ministérielles et renoncé à demander à l’ensemble du personnel de venir sur les lieux de travail le lundi 16 mars matin. Mais les remises en cause des droits et les mises en danger se succèdent.

FO ESR, que ce soit au niveau national ou dans les établissements, agit depuis le début pour protéger les personnels et défendre leurs droits.

Nous avons agi partout pour demander les mesures de protection sanitaires, demander les convocations CHSCT, avant le confinement et en visioconférence depuis.

Nous avons dénoncé le télétravail imposé, revendiqué que les agents absents soient clairement dans le cadre réglementaire des autorisations spéciales d’absence, que ceux qui sont en situation de garde d'enfants en bénéficient aussi, comme il se doit. Nous avons dénoncé les injonctions concernant la "continuité pédagogique". Nous avons exigé le maintien d’une continuité de service strictement limitée aux activités indispensables.

Les instructions ministérielles laissant la place à beaucoup d’interprétations, les établissements prennent des décisions divergentes, par exemple sur la génération des jours RTT ou la possibilité de transformer en ASA des congés déjà posés, le décompte des heures d'enseignement, le paiement des heures des vacataires, le paiement des moniteurs de BU... FO ESR s'est adressé plusieurs fois à la ministre pour lui demander de rappeler les droits existants, ce qu'elle se refuse à faire, laissant comme à l'accoutumée les universités gérer en toute "autonomie" un droit auquel la loi d'état d'urgence permet de déroger fortement.. FO ESR s’appuie sur les exemples les plus favorables. De même, dans les établissements, ces décisions favorables dans d’autres établissements sont autant de points d’appui dont se servent les militants FO pour s’adresser à leur direction et défendre les droits.

Il nous faut continuer à faire l’état des lieux des différentes situations pour être sûr que les militants FO disposent partout des informations sur ce qui se fait ailleurs sur telle ou telle question. Continuez à faire remonter au syndicat national non seulement toutes vos questions mais aussi les décisions dans vos établissements, vos combats, vos démarches !

Dans les CROUS, les personnels sont soumis à de terribles pressions dans l’hébergement, dans une situation déjà dégradée (de moins en moins de personnels, externalisation). FO ESR a dénoncé avec force les instructions menaçantes de la Présidente du CNOUS, adressées y compris aux personnels de restauration, avec pour objectif de contraindre les personnels ouvriers à venir sur site et en leur déniant leur droit de retrait alors qu’il y a insuffisamment de garanties pour leur sécurité sanitaire.

Bien que la Présidente n’ait pas retiré son courrier, l’action de FO ESR a d’ores et déjà permis, dans de nombreux CROUS, de limiter les activités relevant du plan de continuité d’activité et de mieux protéger les collègues intervenant dans les résidences universitaires.

Dans notre ministère comme ailleurs, le gouvernement utilise sans vergogne cette période pour continuer sa politique. Ainsi la "continuité pédagogique" est utilisée pour imposer, au-delà de la crise sanitaire actuelle, l’enseignement à distance comme un des moyens pour baisser les coûts, remettre en cause la liberté pédagogique et la définition du service d'enseignement des universitaires.

De même, FO ESR a dénoncé la communication du Président de la République et de la ministre de l’ESR, centrée sur l’augmentation de 5 Md€ en 10 ans pour la recherche, comme des annonces en trompe l’oeil, destinées à "vendre" la LPPR avec un nouvel habillage, alors même que le gouvernement annonce la suspension de toutes les réformes.

Pas de confinement pour les revendications, la ministre Vidal doit abandonner son projet de LPPR ! Le gouvernement doit retirer sa réforme des retraites !

Un dernier mot : le confinement ne doit pas non plus empêcher les syndicats départementaux de fonctionner. Autant que possible, gardez les liens, faites fonctionner les bureaux, proposez des réunions en visioconférence. Et, concernant les trésoreries, proposez l'adhésion par virement, faites vos paiements par virements aussi au syndicat national. Tandis que d'autres se laissent endormir par l'illusion d'une suspension des attaques ou par des promesses de circonstances, FO ESR montre en ce moment partout toute sa capacité à défendre les personnels dans des circonstances très difficiles. De cette situation, il ne doit pas sortir amaigri mais au contraire renforcé !

Compte tenu des circonstances, ce journal est envoyé sous forme dématérialisée, par courriel, et est accessible depuis notre site internet. Faites-le connaître à vos collègues, proposez-leur de se syndiquer à FO.

Gilles Bourhis, co-secrétaire général.