Un projet de Budget 2019 cohérent avec la feuille de route du gouvernement :

attaquer tous les droits collectifs liés aux statuts
écraser le pouvoir d’achat
fragiliser les organismes de la recherche publique

Un projet de budget désastreux pour l’emploi scientifique et les moyens des équipes

L’augmentation affichée de 1.8% du budget de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche est inférieure à l’inflation. Les conditions de travail de tous les personnels ne peuvent qu’en souffrir.

Le plan Etudiants (+166 M€) est loin de couvrir l’augmentation du nombre d’étudiants dans les universités qui sont aimablement invitées à augmenter les ressources propres. Les Unités mixtes de recherche (UMR) subiront donc une baisse du financement de leurs activités de recherche.

Le budget 2019 programme des milliers de suppressions de postes de fonctionnaires, tous secteurs du service public confondus, avec des retombées désastreuses sur les carrières, sur les moyens alloués aux laboratoires de recherche et pour une génération sacrifiée de jeunes chercheurs.

Une génération sacrifiée de jeunes chercheurs

Alors que la France stagne au 11ème rang des pays de l’OCDE, avec seulement 10.1 chercheurs pour 1000 actifs, il est aberrant de recruter moins de 250 chercheurs et 300 ITA titulaires au CNRS ! C’est sans doute cela que le gouvernement appelle "renforcer les capacités de recherche et de développement" !

Dans le cadre du protocole PPCR sur les carrières et les rémunérations (que FO a refusé de signer), le gouvernement a fusionné les grades CR2-CR1 en 2017. Cette disparition de facto du grade CR2 entraîne un risque d’augmenter l’âge moyen au recrutement, aggravé par la pénurie de postes au concours CR. Cela pourrait pénaliser les jeunes chercheuses et constituer un obstacle à l’égalité professionnelle.

Des carrières au ralenti, des salaires bloqués

Le gouvernement affiche +28 M€ pour le déroulement de carrière des personnels des organismes de recherche. Soit +0.5% de la masse salariale, qui cumule le blocage du point d’indice, la fin des échelons accélérés pour les ITA et le retrait d’une journée de salaire en cas d’arrêt maladie.

Malgré les déclarations convergentes des syndicats signataires du protocole PPCR et du gouvernement, la plupart des collègues constatent qu’ils n’en ont pas bénéficié. Ce protocole PPCR est un rideau de fumée qui cache mal le blocage bien réel des salaires (perte de 8% depuis 2010) :

  • les salaires sont bloqués, les prélèvements pour la CSG augmentent,
  • la retenue pour pension augmentera de 10.56% à 10.83% au 1er janvier 2019
  • le jour de carence constitue une atteinte injustifiable au droit à congé maladie,
  • les carrières ont été allongées par le protocole PPCR et soumises à une évaluation arbitraire, sans aucun gain de rémunération pour la très grande majorité,
  • les promotions se font au compte-gouttes dans l’arbitraire le plus total.

Une priorité à l’emploi de CDD au détriment des concours de titulaires

L’austérité renforcée imposée par le gouvernement inclut la suppression de 120 000 fonctionnaires en 5 ans. La présidence du CNRS semble pencher en faveur de l’emploi de post-doctorants, au détriment de l’emploi statutaire. Le budget 2019 crève le plancher historique du nombre de concours chercheurs (CR) et met ainsi en péril de nombreuses disciplines ou équipes.

De plus, l’écart entre les postes pourvus et le plafond d’emploi affiché n’a cessé de se creuser (au CNRS 24 978 emplois pourvus pour un plafond d’emplois de 28 624 en 2016).

● Une augmentation de 33 millions d’euros pour l’ANR

L’augmentation des crédits de base des laboratoires (25 M) ne compense même pas l’inflation. Elle est très inférieure à celle du budget de l’ANR (33 M). Ce qui pourrait améliorer le ridicule taux de succès des appels à projets, va surtout continuer de remettre en cause la liberté de recherche dans la logique de la Stratégie Nationale de Recherche (SNR).

La restitution du budget de l’ANR aux EPST et aux universités est indispensable pour une remise à niveau du soutien récurrent des laboratoires et la création de postes ITA et chercheurs statutaires.

Les crédits ANR ont pour effet de faire exploser le nombre de chercheurs précaires et la perte de temps des chercheurs titulaires : savez-vous que la seule rédaction des projets ANR représente chaque année une tâche bureaucratique équivalant au travail de 700 chercheurs à temps plein ?

● Un projet de fusion INRA-IRSTEA "low cost" pour supprimer des postes et des sites

Alors que la perte d’effectifs sur 3 ans est de -8% à l'IRSTEA et de -3.3% à l’INRA, les directions avancent à marche forcée pour boucler la structuration scientifique de l’EPST censé naître de cette fusion. Le refus de discuter au préalable des garanties sociales comme des aspects budgétaires est inacceptable.

Avec plus de 1300 agents signataires de la pétition intersyndicale, FO-ESR exige un moratoire immédiat sur la fusion pour garantir le maintien des sites, des thématiques scientifiques, des unités et des emplois. Les droits des personnels doivent être alignés sur le « mieux allant ». Aucune mobilité (géographique ou fonctionnelle)ne doit être forcée, en particulier pour les personnels d’appui à la recherche.

● Un projet d’ordonnance permettant d’expérimenter de nouveaux types de "regroupements" d’établissements pouvant s’étendre y compris à des organismes de recherche !

FO agit contre les politiques de site qui remettent en cause le caractère national des organismes de recherche et affaiblissent le CNRS. Face à cette territorialisation (lois Pécresse-Fioraso), FO revendique le maintien des corps spécifiques des ITA des organismes de recherche.
 

Pour FO, cette austérité est inacceptable

Travailler plus pour gagner moins, dans un environnement de travail désorganisé ou déshumanisé par les restructurations et réformes incessantes, CELA SUFFIT !

  • Avec la confédération FO, première organisation syndicale dans la Fonction Publique de l’Etat, FO-ESR  exige le maintien des Comités Hygiène Sécurité et Conditions de Travail (CHSCT), qui risquent de disparaître par fusion avec les Comités techniques (CT).
  • FO agit pour le rétablissement du Code du Travail comme norme sociale.
  • FO exige le maintien des diplômes nationaux reconnus dans les statuts et les conventions collectives, comme le Baccalauréat que la loi Vidal (Parcoursup) veut démanteler.
 

NON À L’AUSTERITE !   MAINTIEN DE TOUS LES ACQUIS !
LE 6 DECEMBRE 2018, VOTEZ FORCE OUVRIÈRE

 

Face aux attaques, il faut arriver à créer le rapport de force :
ne restez pas isolés, rejoignez FO ESR,
rejoignez le 9 octobre la mobilisation interprofessionnelle
en défense des garanties collectives et des statuts !